Skip To Content

Liberté 2019 Du siècle des Lumières à l’esprit Surf

La saison culturelle Liberté ! Bordeaux 2019 s’est déroulée du 25 juin au 25 août 2019, soit deux mois d’une programmation intense qui a renoué avec les avant-gardes artistiques à Bordeaux : redécouverte de lieux patrimoniaux mis en lumière par des créations contemporaines, commandes artistiques dans l’espace public, mise en avant des pratiques artistiques libres dans la ville, le territoire est devenu un véritable terrain de jeu esthétique à travers plus de 120 propositions artistiques, nationales et internationales, dont 25 créations, portées à l’unisson par l’ensemble des structures culturelles bordelaises. Cette nouvelle saison culturelle a rassemblé plus de plus de 600.000 spectateurs.

Structurée autour d’une narration affirmée, faisant voguer les publics de l’Esprit des Lumières au surf et à l’océan tout proche, réunis sous la bannière d’une Liberté ! en mot d’ordre manifeste, la programmation de la saison a révélé de nombreuses créations in situ, et de lieux patrimoniaux, fruits d’une montée en puissance artistique indéniable.

Cabinet de Lecture Konstantin Grcic

Konstantin Grcic est un designer unanimement reconnu pour ses projets créatifs et rigoureux empreints d’une indicible et contemporaine poésie. Chacune de ses créations se caractérise par une minutieuse recherche combinant une vaste culture de l’histoire du design et de l’architecture, à une passion pour la technologie et les matériaux.

Première incursion du designer dans l’espace public, conçu spécifiquement pour la saison culturelle à l’invitation du musée des Arts décoratifs et du Design, en partenariat avec les bibliothèques de Bordeaux, le Cabinet de Lecture de Konstantin Grcic, installé sur les quais, puis dans le Jardin Public, sert d’écrin aux grands textes liés à la liberté, choisis par les artistes de la programmation, ainsi qu’à la matérialisation du feuilleton d’Aurélien Bellanger.

À l’image de l’oeuvre du designer, il cache, sous une simplicité radicale, une minutieuse recherche, et prolonge la passion du designer pour les bibliothèques, offrant une passerelle inédite entre littérature et design.

Merci Gonzalo Borondo

Commande phare de la saison Liberté !, l’œuvre Merci de Gonzalo Borondo se déploie avec une incroyable force immersive, questionnant notre rapport complexe et contradictoire à la nature, à travers un déplacement du végétal au sein de l’espace symbolique du temple des Chartrons. Construit en 1832 et fermé depuis 35 ans, le Temple des Chartrons sert en effet d’écrin à l’un des projets les plus singuliers de la saison, vaste cosmologie invitant le public à pénétrer dans l’univers poétique et sensible de Gonzalo Borondo.

Familier des œuvres monumentales, le jeune artiste espagnol, issu de l’art urbain, confronte les résonances psychologiques du temple à l’introduction, la sanctuarisation et aussi le sacrifice des plantes, dont la lente transformation est partie intégrante du spectacle. À travers une série de juxtapositions de peintures, de gravures, d’images vidéo, de sculptures, de jeux de perspective et de changements d’échelles spatiales et temporelles, un parcours à la fois sensoriel et métaphysique propose une lecture multiple.

En écho à cette œuvre majeure, la ville et son patrimoine servent également de terrain de jeu esthétique à de multiples clins d’œil de l’artiste.

Entre-deux-Vagues Alexandre Chamelat

La Ville de Bordeaux et le Centre des monuments nationaux dévoilent, au sein de la cour Mably, puis à l’abbaye de La Sauve-Majeure, une série photographique (spécialement commandée pour la saison culturelle) d’Alexandre Chamelat, lauréat du concours photographique créé pour Paysages Bordeaux 2017 avec l’agence Magnum.

Auteur d’une des images phares de la programmation, mettant en lumière un surfeur face à l’océan, le photographe porte son regard entre Bordeaux et l’océan, révélant, entre terres et espaces aquatiques, de l’estuaire à l’Entre-deux-Mers et le long des rivages océaniques, une mosaïque du territoire.

En étroite relation avec l’humain et la nature, ses œuvres sont le fruit d’un voyage, d’une rencontre et d’une attention particulière à la forme ; cadre, couleurs, textures, dégradés et contrastes sont mis au service d’un au-delà porteur de liberté.

Horizon Raphaëlle Boitel

En réunissant artistes professionnels et amateurs avec complicité de la Condition Publique, des associations Parkour59 de Roubaix et ADDAB de Bruges – toutes deux dédiées aux pratiques de free-running et d’interventions acrobatiques dans l’espace urbain –, Raphaëlle Boitel met en scène, à l’occasion de sa première création dans l’espace public, un nouvel usage poétique et décalé des façades et des toits du Grand-Théâtre.

Autour d’un temps de spectacle vibrant d’une puissante intensité acrobatique, elle rend également un hommage contemporain à une architecture emblématique des Lumières à Bordeaux. Avec la rue et la façade du Grand-Théâtre comme aires d’expression, sous le regard émerveillé des milliers de passants et spectateurs arrêtés sur la place de la Comédie, entre cirque contemporain et nouvelles pratiques de l’espace urbain, un court ballet s’écrit entre ciel et ville et donne, l’espace de quelques instants, naissance à un théâtre de la liberté de mouvement, de courir, de respirer.

Que chacun enchante sa prison / La Maison Jean-Pierre Raynaud

La saison Liberté ! rend hommage à Jean-Pierre Raynaud dont quatre œuvres issues de la collection du CAPC sont réinstallées dans et hors les murs. C’est sa pièce Dépoli (1991), livre-objet avec en miroir l’aphorisme « Que chacun enchante sa prison », qui donne son titre à ce parcours-exposition exceptionnel et revisité par l’artiste.

Trois œuvres monumentales et iconiques sont recréées dans des sites remarquables de la ville : La Maison (1993) au Grand-Théâtre ; Manifeste (1984) qui, dans l’espace Saint-Rémi, interroge la liberté de nos mouvements, pensées, différences. Enfin, Pot 815 (1968), au Jardin botanique, un parangon de l’art contemporain qui incarna très tôt pour l’artiste sa liberté d’imaginer une vie saisie par l’art à travers des objets du quotidien.

L’Échappée Belle Groupe F

L’Échappée Belle célèbre les perspectives, les paysages et les mouvements, balançant entre terre et mer, des courbes du fleuve, du Port de la Lune à l’embouchure de la Garonne. Envisagé sous la forme d’un poème visuel, le spectacle se nourrit de contenus artistiques multiples, de l’intervention de comédiens, de l’action des machineries sur le fleuve et de la pyrotechnie pour fabriquer d’immenses fresques célestes comme échappées du Miroir d’eau de la place de la Bourse.

Le Groupe F, compagnie emblématique de spectacles pyrotechniques, à la réputation internationale, compose ici une véritable œuvre théâtrale à ciel ouvert, ode à l’océan et aux surfeurs, avec son équipe d’artificiers, de designers, d’artistes, de compositeurs et d’ingénieurs, une équipe pluridisciplinaire avec un savoir-faire unique, capable de fusionner feu, musique et lumière.

À la table du paysage Alimentation Générale

Alimentation Générale, a imaginé, en relation avec le Jardin botanique et les chefs invités, un déjeuner et deux dîners innovants et ludiques pour vivre l’expérience du Jardin-Repas. Au menu : dégustation kilométrique de miels, bouchée de fleurs de courgettes, cueillette dans le jardin à la découverte des plantes et aromatiques, velouté sauvage du potager, plats « océan » ou plus terriens, infusions du Jardin botanique pour les uns, vins pour les autres…

Un banquet-paysage, une collaboration nourricière entre des chefs, un artiste, des jardiniers et une revue, pour un repas qui dresse un inventaire engagé, sensible, poétique, et évidemment culinaire, de la biodiversité du territoire.

Concert inaugural Arthur H et l’OHB

Avec près de 30 ans de carrière, une vingtaine d’albums à son actif, Arthur H se renouvelle sans cesse, expérimente à chaque occasion, collabore avec les artistes les plus divers. Pour ce concert unique sur l’esplanade des Quinconces, c’est le séculaire Orchestre d’Harmonie de Bordeaux qu’il rencontre et revisite, après une résidence de création à la salle des fêtes du Grand Parc, pour une nuit musicale et onirique placée sous le signe de la liberté.

Sa voix chaude se mêle aux flûtes et aux trompettes le temps d’une envolée céleste, poussant sa pop solaire et dansante jusqu’aux frontières de l’hypnose. Union insolente et délicieuse, classicisme constellé de paillettes… Arthur H devient chef d’orchestre pour célébrer une liberté retrouvée sur les bords de la Garonne.

Tube Zilvinas Kempinas

Artiste connu mondialement pour son travail autour des bandes magnétiques, Zilvinas Kempinas investit et métamorphose la chapelle du Crous de Bordeaux, joyau ignoré du patrimoine bordelais. Toujours à la recherche de nouveaux espaces et de nouvelles histoires, il y présente, pour la première fois dans sa version intégrale, une installation majeure, créée pour le pavillon de la Lituanie à la Scuola Grande della Misericordia lors de la 53e biennale de Venise, en 2009.

Au travers de l’édifice religieux, les bandes magnétiques déroulées se déploient et forment un tube ajouré depuis lequel le spectateur s’immerge dans une expérience physique et lumineuse singulière, modifiant sa perception du temps comme de l’architecture, créant un dispositif d’une sobriété saisissante, aux effets optiques vertigineux.

Play ! Léo Valls et Nicolas Malinowsky

Pour créer Play !, une série d’installations publiques, Léo Valls, figure de proue du skate français s’est associé au designer Nicolas Malinowsky. Incarnant une esthétique de la « liberté de mouvement », et calibrée pour la pratique du skateboard, à mi-chemin entre le sport, l’art, le déplacement et l’usage public de la ville, ces installations multicolores et éphémères reposent sur la notion de réinterprétation de l’espace urbain et sur une lecture inédite de celui-ci.

Disséminés dans différents lieux emblématiques de la ville le temps de la saison culturelle, les modules colorés détonnent et encouragent le spectateur à se poser des questions sur la place du jeu et des libertés individuelles dans l’espace public, mais aussi sur la cohabitation d’une pratique aussi libre que le skateboard avec les autres usages de la ville.

It rains, it rains… Ruth Ewan

L’artiste écossaise Ruth Ewan investit l’espace monumental de la nef du CAPC pour sa première exposition monographique en France. « It Rains, It Rains » emprunte son titre à la chanson Il pleut, il pleut, bergère écrite par le poète, acteur et homme politique révolutionnaire Fabre d’Églantine, auteur avec Gilbert Romme du calendrier révolutionnaire installé en France à partir de 1792.

L’installation Back to the Fields est incarnée par des objets dérivant du calendrier républicain. Rassemblant les 360 objets utilisés pour désigner les jours de l’année − arbres, plantes, os, minéraux ou encore outils −, elle offre une traduction de ce calendrier dans l’espace. L’artiste y adjoint une série d’objets correspondant aux « sans-culottides », des jours chômés célébrant diverses valeurs. Ruth Ewan a ainsi produit six nouvelles pièces, en lien avec le caractère cyclique de ces concepts : le modèle saisonnier de la nature, les rythmes agricoles, le phénomène de reflet, la mesure du temps ou le cycle menstruel du corps féminin.

10 000 gestes Boris Charmatz

Gestes tracés aussitôt disparus, tourbillon de corps frénétiques portés par le Requiem en ré mineur de Mozart, Boris Charmatz fait tomber une heure durant, sur le plateau du TnBA, une pluie de mouvements incarnés par 27 danseurs extraordinaires. 10 000 gestes constitue un anti-musée chorégraphique, une expérience radicale, sans cesse renouvelée, pour explorer les moyens d’échapper aux instincts et aux stratégies de conservation qui agissent dans le travail du danseur.

« Pour ce spectacle, affirme-il, j’imagine une forêt chorégraphique dans laquelle aucun geste n’est jamais répété par aucun des danseurs en présence. 10 000 gestes qui ne seront visibles qu’une seule fois – disparus aussitôt que tracés, comme une ode à l’impermanence de l’art de la danse. » Une représentation unique – le 15 juin – inaugurant la trilogie offerte par le chorégraphe et danseur pour cette saison culturelle, dans le cadre de la programmation hors les murs de La Manufacture – CDCN.

L’Ambassade Yes We Camp

Le collectif Yes We Camp est reconnu pour sa capacité à créer des « espaces communs artistiques temporaires », au croisement des valeurs d’hospitalité et de créativité. Pour la saison culturelle Liberté !, Yes We Camp propose une réouverture temporaire des anciennes Archives Municipales de Bordeaux, qui deviennent le temps d’un été une Ambassade accueillant rencontres et pratiques artistiques, aménagée de manière participative avec la mobilisation de plusieurs collectifs constructeurs du territoire. Fidèle à sa pratique de déploiement culturel dans des espaces partagés, Yes We Camp propose aussi la production d’une série de plusieurs « mises en situation » intitulées « Républiques nomades » qui viennent interpeller l’apostrophe Liberté ! L’Ambassade permanente est installée à l’hôtel de Ragueneau, faisant entrer en résonance un geste contemporain avec les anciennes archives de la Ville de Bordeaux et lieu iconique du patrimoine bordelais.

Au coeur de la saison culturelle, se crée ainsi un espace artistique de rencontres, tour à tour paisible et festif et se dessine un lieu, hors du temps, mais aussi espace de ressource où trouver informations pratiques pour profiter pleinement de la saison. L’Ambassade vit également au rythme d’une programmation ouverte, animée notamment par les photographies incandescentes de Yan Morvan, L’Entresort de François Beaune, expérience littéraire et participative inédite ou encore les cartes blanches musicales au label Délicieuse Musique devenues un rendez-vous incontournable renommé « les mardis de l’Ambassade ».

Anarchy in the UK Yan Morvan

Issus d’une plongée photographique intense dans le mouvement punk et réunis dans un ouvrage intitulé Anarchy in the UK, les 24 tirages de Yan Morvan sont présentés, tel un appel radical à la liberté, dans l’enceinte hors du temps de l’hôtel de Ragueneau, qui devient l’Ambassade de la saison culturelle. Ces photographies, en rarissime format cibachrome, aux couleurs vibrantes, prises à la fin des années 1970, dressent une image très forte et politique d’un Londres en plein bouleversement, entre émeutes et conservatisme, autour d’une liberté et d’une contre-culture ayant marqué toute une génération, notamment dans le domaine musical.

Elles sont les réminiscences d’une société en pleine effervescence, libre, rebelle et créative, marquant les années folles d’une jeunesse bouillonnante. « Les photos de Yan racontent l’histoire de deux villes – un aperçu remarquable à un moment très particulier – les enfants du post-punk et du pré-Thatcher… Elles illustrent une période où il était encore question de “nous” et non de “moi”. » Don Letts (DJ et musicien). Cette exposition a été réalisée en partenariat avec La Mauvaise Réputation.

Croisières musicales Délicieuse Musique, Little Festival, Vie Sauvage, Les Plages Pop et Coconut Festival

Insolite invitation au voyage tous les dimanches de la saison – de la fin du mois de juin à la mi-août –, une « agence d’expéditions musicales » embarque son monde sur le Sicambre, un merveilleux navire couleur rouge liberté, pour des croisières concoctées sur mesure par les dynamiques festivals et collectifs du territoire de la Nouvelle-Aquitaine. Des concerts embarqués qui sont autant d’occasions de découvrir la vitalité et l’éclectisme débridé de la scène musicale actuelle. Des explorations de l’estuaire et du territoire vers l’océan se dessinent, créatives et conviviales.

Les jeunes occupent la place Michel Schweizer / La Coma

À l’invitation de la saison Liberté !, en complicité avec La Manufacture – CDCN, le temps d’un week-end, Michel Schweizer, artiste inclassable à l’oeuvre protéiforme, convie les enfants et les jeunes des quartiers de Bordeaux à jouer et poser un acte libre, composé de plusieurs séquences performatives dans l’emblématique salle des fêtes Bordeaux Grand Parc. Le lieu devient ainsi un espace artistique et social où la jeunesse utilise une parole décomplexée et « libérée » pour adresser aux adultes un message édifiant et utile. Artiste libre par excellence, implanté avec sa compagnie La Coma sur le territoire bordelais, Michel Schweizer, depuis plus de quinze ans, convoque et organise des communautés provisoires. Se jouant des limites et des enjeux relationnels qu’entretiennent l’art, la politique et l’économie, il suscite la rencontre et invite le spectateur à partager une expérience dont le bénéfice dépend de la seule capacité à accueillir l’autre, à lui accorder une place.

Bordeaux vu par… Harry Gruyaert

La saison Liberté !, en lien avec Arrêt sur l’image galerie, invite à découvrir « Bordeaux vu par… Harry Gruyaert », commande photographique inédite de 20 tirages réalisés par cette figure majeure de la photographie et membre de l’agence Magnum Photos, lors d’une résidence à Bordeaux et sur le territoire. Au travers de ces photographies, l’artiste explore le lien intime qu’entretient la capitale girondine avec le littoral, mettant en lumière d’autres rivages, aux confins de la métropole bordelaise et vers les nouveaux quartiers de Bordeaux. « La photographie, c’est un métier plein de facettes différentes, et j’ai toujours su que la seule chose qui m’intéressait et que je voulais faire, c’était [cela]. Pour moi, la chose la plus importante, c’est la liberté : la liberté de bouger, la liberté de découvrir, c’est de ne pas rester coincé quelque part » déclare Harry Gruyaert.

L’Adolescent Sylvain Creuzevault / École supérieure de théâtre Bordeaux Aquitaine-éstba

Au coeur de la saison Liberté !, L’Adolescent, un des derniers romans de Dostoïevski devient oeuvre théâtrale, adaptée par Sylvain Creuzevault. Metteur en scène incandescent, particulièrement libre, et passionné par les dispositifs de confrontation avec les textes classiques, il dirige ici la promotion 4 de l’École supérieure de théâtre Bordeaux Aquitaine-éstba, pour son projet de fin d’études. L’Adolescent peint une jeunesse russe au travers du récit-confession d’un jeune homme, Arkadi, qui découvre son père naturel, aristocrate ruiné et communard. Se noue alors une dialectique entre Raison et Foi, entre la génération libérale des pères et une jeunesse dévoyée : une représentation qui ne clôture pas mais, au contraire, inaugure l’entrée dans la vie professionnelle des jeunes comédien(ne)s.

Travelling Massimo Furlan

Commande artistique participative initiée pour la saison Liberté !, en collaboration avec le Festival Chahuts, le Travelling de l’artiste performeur suisse Massimo Furlan, invite à une découverte insolite nocturne de la zone portuaire bordelaise. Le port autonome de Bordeaux, magnifié dans son étrangeté poétique, sert de coulisses à cette création. Comme des touristes dans leur propre ville, les spectateurs embarquent pour une visite en BatCub, à travers la nuit qui dévoile l’envers du décor d’un lieu industriel au cœur de l’activité et de l’histoire de Bordeaux, méconnu des Bordelais.

Au gré de la lumière d’un projecteur, des scènes furtives, surgissent du noir. La fulgurance des scènes aperçues et l’atmosphère sonore qui accompagne le voyage offrent un récit fractionné qui raconte un espace singulier, poétique et troublant, et plonge le spectateur dans une fiction. En observant le paysage du port autonome depuis le ponton du bateau, comme un long plan de cinéma, un mouvement lent de travelling, la beauté et l’étrangeté d’un territoire familier et inconnu sont révélées.

Ex-Anima Bartabas / Théâtre équestre Zingaro

35 ans après sa création sur l’esplanade des Quinconces, Bartabas, artiste indomptable et imprévisible, présente la dernière création du théâtre équestre Zingaro, Ex-Anima, dans le cadre de la saison culturelle Liberté ! Bordeaux, qui a vu naître son aventure mythique, retrouve Zingaro en majesté, aux Quinconces, lieu historique de l’excellence et du populaire, pour 21 représentations exceptionnelles. Écuyer sans égal et pionnier d’une expression inédite conjuguant art équestre, musique, danse et dramaturgie, Bartabas a inventé et mis en scène une nouvelle forme de spectacle vivant : le théâtre équestre. Ce laboratoire du geste interroge depuis son ouverture l’enrichissement de l’art équestre par une pensée chorégraphique.

GIC Anthony Égéa / Compagnie Rêvolution

Le GIC (Groupe d’Intervention Chorégraphique) est un geste chorégraphique militant incarné par les danseurs du ballet urbain Rêvolution, créé par Anthony Égéa, et conçu pour se réapproprier les codes de la rue, matrice de la création hip-hop, et courant empreint de liberté. Destiné à se jouer des esthétiques de lieux patrimoniaux ou d’espaces publics, chaque acte du GIC rend par là même un vibrant et contemporain hommage à l’architecture et à la ville, bousculant l’espace public et les passants. En deux temps forts, en ouverture de l’Ambassade de la saison culturelle rue du Loup et dans le hall et aux abords de l’opéra de Bordeaux, les danseurs enfiévrés d’Anthony Égéa attrapent le public dans une chorégraphie effrénée et renversante d’énergie.

Républiques Nomades Yes We Camp

Pendant deux mois, Yes We Camp invite des publics issus d’horizons multiples, rassemblés par une envie d’implication commune, à participer à une tentative d’interrogation physique des enjeux liés à la liberté à travers la production d’une série de micro-nations itinérantes et éphémères, appelées Républiques Nomades. Ces micro-nations sont mouvantes et éphémères.

Organisées en lien avec des acteurs locaux, artistes ou activistes d’ici et d’ailleurs, les Républiques Nomades se déplacent dans plusieurs sites de la métropole, alliant différents contextes sociaux, géographiques et historiques, avec l’enjeu à chaque nouvel événement d’explorer la thématique de la liberté. Au coeur de la démarche, s’active une série d’activités participatives de 24 heures avec une expérience nocturne collective. Chaque République établit ses propres règles d’usage (droits, devoirs, territoire, citoyenneté) tout en étant « représentée » au sein de l’Ambassade de la saison culturelle.